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Rapport d'activités 2019
Rapport d'activités 2020

Culture & Développement est une association d’Education Permanente, reconnue par la Fédération Wallonie-Bruxelles, qui met en réseau des associations de Bruxelles et Wallonie. Depuis plus de quarante ans, notre réseau a pour objectif de créer des liens de solidarité forte entre divers groupes d’action de base partageant un même idéal et une même méthodologie. Réunis autour d’idéaux communs dans une dynamique d’échanges et de solidarité, les associations et groupes membres mènent des actions citoyennes collectives, tout en conservant leur autonomie sur le plan local.

La particularité de notre réseau est de regrouper des associations de base, travaillant chacune dans un milieu et avec un public et des objectifs spécifiques, mais dans un souci constant de transversalité. Celle-ci, couplée à la solidarité et créée par la mise en réseau, permet à chaque association membre d’améliorer sa réflexion, sa formation et son action, en vue d’un changement global qui constitue l’idéal commun.

Notre plus grande originalité réside sans doute dans cette volonté de mettre en contact étroit des associations diverses et parfois hétérogènes dans leurs modes d’action et leurs publics. Notre expérience prouve que ces associations et publics peuvent s’enrichir mutuellement grâce à des méthodes et objectifs transversaux. Nous nous retrouvons ainsi autour de mêmes constats – sur la société dans laquelle nous vivons – et d’une vision commune – de la société à construire.

L’appellation Culture & Développement traduit les préoccupations du réseau, qui entend rendre du sens au développement, en tentant d’enrayer la prise de pouvoir disproportionnée de la sphère économique qui se fait, dans le système ultralibéral actuel, au détriment de la culture (recherche de sens, sollicitation de l’intelligence) et du social (répartition des biens et des savoirs). Poursuivant cette orientation, Culture & Développement tente de traduire dans les actes le slogan penser global, agir local. Il s’agit de promouvoir un véritable développement local en donnant la priorité au sein de nos différentes sections à l’animation culturelle, à la base, à l’action dans des domaines souvent oubliés, rejetés ou négligés dans notre société dite développée.

Notre visée politique est la construction d’une société plus démocratique, plus juste, plus solidaire, plus tolérante, plus égalitaire et plus respectueuse des droits élémentaires. Culture & Développement cherche à établir des convergences et des partenariats avec d’autres associations afin de donner plus de poids et de perspectives de changement global aux actions de base.

Notre réseau est actuellement composé de sept associations : le GAFFI et les Amis d’Aladdin en Région bruxelloise, De Bouche à Oreille et le Centre liégeois du Beau-Mur en Province de Liège, El Maujone en Province du Hainaut, ainsi que le Groupe Belge d’Education Nouvelle.

Notre démarche

La pédagogie commune, dans notre réseau, s’inspire très largement de la pensée de Paulo Freire (1921-1997), célèbre pédagogue brésilien. Conçue au départ d’une expérience d’alphabétisation des adultes, sa pédagogie rejette la transmission verticale d’un savoir figé de l’enseignant vers l’enseigné et opte au contraire pour une vision dynamique de l’apprentissage, articulée autour de quelques grands principes : interaction enseignant-enseigné, objectif de conscientisation, objectif de changement. Dans la pensée de Paulo Freire, l’éducation devient une clé pour le changement de la société. Les améliorations s’opèrent à la base, sur l’initiative des populations concernées. Le pouvoir est ainsi rendu au niveau local, qui a appris à penser par lui-même et peut par conséquent reprendre en main sa destinée.

Une des convergences essentielles des associations qui adhèrent au réseau Culture & Développement porte sur la démarche active et participative du public. Nous constatons et considérons que le public n’est pas uniquement un public consommateur de services : le public est au contraire un acteur et créateur de la dynamique d’action.

Cette démarche participative et émancipatrice, pratiquée par tous les membres de Culture & Développement, est en concordance avec les trois axes de l’éducation permanente : prise de conscience critique, analyse-action-évaluation, participation citoyenne. Culture & Développement veille continuellement à valoriser les savoirs, ressources et capacités des publics, des travailleurs et des associations avec lesquelles elle développe des projets.

 

Les actions développées par les associations membres sont diverses et touchent des publics très variés. Elles s’insèrent cependant toutes dans un cadre commun qui constitue le projet de fond de Culture & Développement : permettre l’exercice de la citoyenneté active et participative. Cet objectif majeur que poursuit notre association est développé dans son programme d’actions, d’éducation et de formations citoyennes. Les différents membres exercent chacun, à partir des réalités quotidiennes de leurs publics et avec eux, une analyse des situations et problématiques vécues. C’est à partir de ces observations et analyses que s’élaborent, avec les participants, les programmes d’actions et de formations, qui prennent donc des formes et des contenus différents d’une association à l’autre. Cette hétérogénéité au sein du réseau permet à chacun de s’enrichir de l’expérience des autres, grâce à une méthodologie et à des idéaux transversaux à tout le réseau.

Par ailleurs, toutes les associations membres convergent sur les enjeux essentiels que nous relevons dans la société actuelle – même si chaque association ne développe pas nécessairement des actions concrètes pour répondre à chacun de ces enjeux. Ces préoccupations ont abouti, dès 2005 (et le passage dans le champ d’application du nouveau décret pour notre réseau), à la définition de thématiques d’actions communes, résumées comme suit : lutte contre les formes d’exclusion, action culturelle comme outil d’émancipation, éducation active comme chemin de citoyenneté, consommation responsable et respectueuse de notre planète.

Lors de notre processus d’évaluation de fin de contrat-programme 2016-2020, nous avons revisité le choix et la formulation de ces thématiques, à la lumière des problématiques et enjeux actuels de notre société, ainsi que des préoccupations essentielles des associations membres, issues de leur analyse de travail de terrain avec leur public. Sur ce point, voir Nos thématiques.

Notre pédagogie

DANS LA LIGNÉE DE LA PÉDAGOGIE DE PAULO FREIRE

L’éducation prônée par les membres de Culture et Développement s’inspire très largement de la pensée de Paulo Freire, pédagogue brésilien aujourd’hui connu et reconnu dans le monde entier. Conçue au départ d’une expérience d’alphabétisation des adultes, sa pédagogie rejette la transmission verticale d’un savoir figé de l’enseignant vers l’enseigné et opte au contraire pour une vision dynamique de l’apprentissage, articulée autour de quelques grands principes :

INTERACTION ENSEIGNANT-ENSEIGNÉ

Un dialogue doit exister entre l’éducateur et l’éduqué. Ce dernier peut poser des questions, exprimer sa curiosité, affirmer ses priorités, faire référence à son vécu, critiquer le contenu ou la méthode de son enseignement. De même, l’éducateur doit sortir d’une attitude dogmatique pour échanger réellement avec son élève, répondre à ses interpellations, rencontrer ses aspirations, cerner ses besoins prioritaires, sortir des livres pour faire de l’environnement immédiat un objet de connaissance et affiner la curiosité naturelle.

OBJECTIF DE CONSCIENTISATION

Partant du vécu concret de l’élève, le dialogue doit permettre à celui-ci d’aller au-delà d’une simple description de la situation dans laquelle il se trouve. Il doit pouvoir la comprendre et surtout la critiquer.

OBJECTIF DE CHANGEMENT

La prise de conscience suivie de la critique aboutissent la plupart du temps à une volonté de changement des aspects négatifs de la situation dans laquelle se trouve l’élève (et souvent l’enseignant avec lui). Le dialogue devient alors un dialogue social, de recherche de moyens d’action, de définition d’objectifs politiques au sens large.

Dans la pensée de Paulo Freire, l’éducation devient ainsi une clé pour le changement de la société. Pas nécessairement spectaculaires, les améliorations s’opèrent à la base, sur l’initiative des populations concernées. Le pouvoir est ainsi rendu au niveau local, qui a appris à penser par lui-même et peut par conséquent reprendre les rênes de sa destinée. « Agir localement, penser globalement », voici que le slogan de De Bouche à Oreille – section régionale de Culture et Développement – prend tout son sens…

Notre Charte

Culture & Développement est un Service Général d’éducation Permanente, reconnu par la Communauté Française de Belgique.

 

Concrètement, nous nous définissons comme un réseau sans centralisation excessive, respectant l’autonomie de chacune de ses sections régionales et locales. L’administration générale (Conseil d’Administration et Assemblée Générale) accorde sa confiance aux associations membres, et les soutient par son rôle d’organisation, de réflexion, de formation et de soutien moral, technique, humain ou financier. Elle est un lieu d’échange, matériel ou intellectuel.

 

L’objectif du réseau Culture & Développement est de créer des liens de solidarité entre diverses associations d’éducation permanente et partageant un même idéal et une même méthodologie. Cette solidarité doit permettre à chaque section d’améliorer sa réflexion, sa formation et son action, en vue d’un changement politique global, qui constitue l’idéal commun.

 

L’idéal commun aux sections de Culture & Développement, et donc leur objectif politique, est la construction d’une société plus démocratique, plus juste, plus solidaire, plus tolérante, plus égalitaire, plus respectueuse des droits élémentaires, moins excluante. Nous travaillons sur le territoire belge mais avons conscience des enjeux internationaux et visons une justice globale.

 

Pour atteindre cet idéal, notre méthode s’inspire, depuis le début, de Paolo Freire et de sa pédagogie de conscientisation et de libération. Nous travaillons ainsi en concordance avec les trois axes de l’éducation permanente : Prise de conscience critique, Analyse-Action-Evaluation, Participation citoyenne.

 

Nous veillons ainsi à valoriser les savoirs, ressources et capacités des populations et associations avec lesquelles nous développons des projets. Nous tentons de créer des relations dignes avec des « sujets partenaires », des « acteurs » de changement, au même titre que les travailleurs de Culture & Développement.

Nous alternons réflexions et projets concrets, en veillant à évaluer notre action selon l’évolution de la société et donc l’évolution des besoins et des moyens d’action. Nous devons rester critiques et nous (in)former continuellement pour réorienter nos actions de façon pertinente.

Pour que nos actions conservent leur sens, nous tentons de maintenir une cohérence entre nos attitudes de travailleurs « sociaux » et nos attitudes de citoyens ordinaires. Nous veillons à ce que notre engagement demeure pluraliste, multiculturel et indépendant de tout parti ou religion.

 

Nous tentons de mobiliser des forces collectives et de créer des dynamiques de groupes, en respectant les différences individuelles (sexe, âge, culture, religion, nationalité…), en encourageant les ressources créatives de chacun, et en reconnaissant la richesse de leurs particularités.

 

Nous cherchons à établir des convergences et des partenariats avec d’autres associations, que nous rencontrons sur nos différents terrains, afin de donner plus de poids à nos actions et davantage de perspectives de changement global.

 

Culture & Développement reste ouvert à de nouveaux membres et à toute proposition de modification de cette Charte, dans un esprit démocratique.

 

Thimister, le 12 septembre 2002.

Approuvé en Assemblée Générale.

Notre Histoire

NOTRE RÉSEAU EST L’HÉRITIER D’UNE LONGUE HISTOIRE MILITANTE.
POUR MIEUX COMPRENDRE CE QUE NOUS SOMMES AUJOURD’HUI, IL FAUT CONNAÎTRE D’OÙ NOUS VENONS.

DANS LA LIGNÉE DE MAI 68

Dans les années ayant suivi mai 68, se forment de nombreux groupes d’action et de réflexion orientés vers les problèmes concrets de l’existence dans un désir de solidarité mondiale. En 1971, ceux-ci organisent une première rencontre internationale à Heusden. Parmi ceux-ci, certains groupes francophones se découvrent des affinités et décident de constituer ensemble une asbl : Culture et Développement est née.

RECONNAISSANCE ET AVANCÉES

1972 : le Ministère de la Communauté Française attribue à l’asbl le titre de Mouvement National d’Éducation Populaire. Autour de l’animation de base et de la pédagogie de la libération de Paolo Freire se déroulent plusieurs rencontres internationales qui donnent naissance en 1974 au Mouvement d’Animation de Base/Internationaal OntmoetingsCentrum (MAB/IOC), antenne internationale de Culture et Développement.

1976 : Culture et Développement fait le point, et aboutit à une modification de ses statuts en vue d’une plus grande ouverture idéologique. Un nouveau décret paraît, définissant l’Éducation Permanente comme promotion de l’esprit critique, de l’analyse et de l’initiative citoyenne. De nouveaux moyens sont dégagés, qui aident l’association à assumer ses quatre emplois mi-temps.

1980 : le Groupe de Conscientisation et d’Animation du Plateau de Herve fait son apparition dans Culture et Développement. Ce groupe deviendra plus tard l’asbl De Bouche à Oreille, aujourd’hui section régionale du réseau. A Bruxelles, Communauté et Développement devient le GAFFI, qui a conservé son nom jusqu’à aujourd’hui.

Entre 1983 et 1990 : Culture et Développement s’organise en Assemblée Générale et Conseil d’Administration, avec des réunions épisodiques. La Maison des Familles, de Marchienne au Pont, rejoint le réseau.

1990 : L’Inspection de la Communauté Française interpelle Culture et Développement au sujet de sa coordination générale, qu’il estime trop insignifiante par rapport au travail concret des locales.

1991 : l’association réagit à cette interpellation en affirmant son souhait de continuer à exister comme lieu d’échange de moyens humains ou techniques, de réflexion, de formation,… Un périodique trimestriel voit le jour, des activités de rencontre sont mises sur pied, et à partir de l’année suivante un temps de formation et de réflexion est organisé chaque année, dont les thèmes donnent un aperçu de l’évolution et des interrogations du réseau.

UNE RÉFLEXION SANS CESSE RENOUVELÉE

1992 : « Historique de l’association Culture et Développement. Historique du militantisme de 1970 à 1990 »
Notre travail consiste en une action à la base, dans une pluralité de lieux et de terrains, pour un développement de l’autonomie et de la conscience des personnes, dans la perspective d’une société plus juste et plus égalitaire.

1993 : « Une pédagogie de conscientisation : celle de Paolo Freire ». Après une lecture de l’histoire de notre mouvement, nous tentons une analyse et une confrontation de nos pratiques sur le terrain avec les principes de la pédagogie de Paolo Freire.

1994 : « Nos mouvements face à une société en profonde mutation : à la découverte des nouveaux modèles culturels et des nouveaux enjeux de société »

1995 : « Une deuxième lecture de notre société en mutation » Notre action collective doit relever le défi d’entrer dans l’économique pour lui donner du sens, pour l’obliger à recréer des liens avec les autres sphères. Pour cela, notre sphère culturelle doit sortir de son isolement.

1996 : « Assistants sociaux ou révolutionnaires ? Quelle éducation permanente ? Gestion ou remise en cause de l’exclusion ? ». Culture et Développement refuse une gestion de l’exclusion du type de celle des dispositifs sociaux, et recherche des alternatives plus contestataires envers le mécanisme d’exclusion lui-même. Il s’agit de réintroduire l’action collective, l’engagement dans la durée, vers un nouveau projet politique.

1997 : « Monde associatif, monde politique : un partenariat difficile ? ». L’action globale, politique, est un objectif de Culture et Développement. Pour agir, il faut comprendre et critiquer. D’où une réflexion sur les liens entre associatif et politique et leur ambiguïté. Si notre association veut à l’avenir développer des partenariats efficaces, elle doit s’atteler entre autre à une meilleure connaissance du politique, et à la création de réseaux pour rendre les rapports de force plus favorables.

1998 : « Expériences d’économie sociale et solidaire »
Il s’agit d’une nouvelle ouverture. Culture et Développement adhère alors à la « Charte pour un monde responsable et solidaire », qui remet l’économie au service des besoins de tous et non du profit de certains.

En 2000, c’est l’ouverture à la dimension interculturelle. Et en 2002, une session sur les pédagogies citoyennes en éducation permanente nous conduit à rédiger la charte de Culture et Développement qui nous guide aujourd’hui encore.

Dès 2002 : « Éducation permanente, notre secteur en questions ! ». Nous entamons une réflexion sur le projet de réforme du décret de 1976 sur l’éducation permanente.

2003 : « Altermondialisation, alter éducation permanente ? ». La mondialisation et ses effets pervers nous interpellent, et nous nous sentons partie prenante des mouvements altermondialistes, mais comment aborder ce thème avec nos publics ?

UN NOUVEAU DÉCRET

En 2004 et 2005, nous consacrons notre énergie à établir le dossier de demande de reconnaissance pour le nouveau décret en éducation permanente. Un travail de longue haleine, des locales à la générale, pour définir notre plan d’action 2006-2010. Nous obtenons cette reconnaissance et avec elle, de nouveaux moyens !

En 2005 et 2006, des démarches d’évaluation en éducation permanente pour mieux définir de nouveaux objectifs et approfondir l’impact de nos actions.

UNE THÉMATIQUE COMMUNE MISE À L’HONNEUR CHAQUE ANNÉE

L’année 2007 a été consacrée à la création de lien social, notre première campagne thématique. Dans ce cadre, deux journées de formation sont organisées : « Le lien social et l’interdépendance » et « Comment revaloriser le lien social ? Découverte d’outils d’éducation permanente ». Mais aussi des actions, et la production de nouveaux supports pour une meilleure visibilité (site Internet, cartes postales…). Cette année voit aussi de nombreux changements dans le réseau : le départ de l’association La Glaise (Marchienne au Pont), ainsi que l’arrivée de deux nouveaux groupes, le Centre liégeois du Beau-Mur et le GBEN.

En 2008, notre travail se focalise autour des thémes de la santé responsable, la consommation saine et le développement durable. Un CD de chansons issues d’ateliers de création, des visites et échanges d’expériences et de savoirs dans nos régions, une journée de formation : Développement durable, décroissance, une autre croissance : comment sortir d’une logique de surconsommation pour créer une société plus durable ?… Nous approfondissons ensemble notre réflexion afin d’agir plus efficacement dans ce sens.