Historique

Pour la petite histoire...

Notre réseau est l’héritier d’une longue histoire militante. Pour mieux comprendre ce que nous sommes aujourd’hui, il faut connaître d’où nous venons.

Dans la lignée de mai 68

Dans les années ayant suivi mai 68, se forment de nombreux groupes d’action et de réflexion orientés vers les problèmes concrets de l’existence dans un désir de solidarité mondiale. En 1971, ceux-ci organisent une première rencontre internationale à Heusden. Parmi ceux-ci, certains groupes francophones se découvrent des affinités et décident de constituer ensemble une asbl : Culture et Développement est née.

Reconnaissance et avancées

Fin 1972, le Ministère de la Communauté Française attribue à l’asbl le titre de Mouvement National d’Éducation Populaire.
Autour de l’animation de base et de la pédagogie de la libération de Paolo Freire se déroulent plusieurs rencontres internationales qui donnent naissance en 1974 au Mouvement d’Animation de Base/Internationaal OntmoetingsCentrum (MAB/IOC), antenne internationale de Culture et Développement.

En 1976, Culture et Développement fait le point, et aboutit à une modification de ses statuts en vue d’une plus grande ouverture idéologique. Un nouveau décret paraît, définissant l’Éducation Permanente comme promotion de l’esprit critique, de l’analyse et de l’initiative citoyenne. De nouveaux moyens sont dégagés, qui aident l’association à assumer ses quatre emplois mi-temps.

En 1980, le Groupe de Conscientisation et d’Animation du Plateau de Herve fait son apparition dans Culture et Développement. Ce groupe deviendra plus tard l’asbl De Bouche à Oreille, aujourd’hui section régionale du réseau. A Bruxelles, Communauté et Développement devient le GAFFI, qui a conservé son nom jusqu’à aujourd’hui.

Entre 1983 et 1990, Culture et Développement s’organise en Assemblée Générale et Conseil d’Administration, avec des réunions épisodiques. La Maison des Familles, de Marchienne au Pont, rejoint le réseau.

En 1990, l’Inspecteur de la Communauté Française interpelle Culture et Développement au sujet de sa coordination générale, qu’il estime trop insignifiante par rapport au travail concret des locales.

En 1991, l’association réagit à cette interpellation en affirmant son souhait de continuer à exister comme lieu d’échange de moyens humains ou techniques, de réflexion, de formation,… Un périodique trimestriel voit le jour, des activités de rencontre sont mises sur pied, et à partir de l’année suivante un temps de formation et de réflexion est organisé chaque année, dont les thèmes donnent un aperçu de l’évolution et des interrogations du réseau.

Une réflexion sans cesse renouvelée

- 1992 : « Historique de l’association Culture et Développement. Historique du militantisme de 1970 à 1990 »
Notre travail consiste en une action à la base, dans une pluralité de lieux et de terrains, pour un développement de l’autonomie et de la conscience des personnes, dans la perspective d’une société plus juste et plus égalitaire.
- 1993 : « Une pédagogie de conscientisation : celle de Paolo Freire »
Après une lecture de l’histoire de notre mouvement, nous tentons une analyse et une confrontation de nos pratiques sur le terrain avec les principes de la pédagogie de Paolo Freire.
- 1994 : « Nos mouvements face à une société en profonde mutation : à la découverte des nouveaux modèles culturels et des nouveaux enjeux de société »
- 1995 : « Une deuxième lecture de notre société en mutation »
Notre action collective doit relever le défi d’entrer dans l’économique pour lui donner du sens, pour l’obliger à recréer des liens avec les autres sphères. Pour cela, notre sphère culturelle doit sortir de son isolement.
- 1996 : « Assistants sociaux ou révolutionnaires ? Quelle éducation permanente ? Gestion ou remise en cause de l’exclusion ? »
Culture et Développement refuse une gestion de l’exclusion du type de celle des dispositifs sociaux, et recherche des alternatives plus contestataires envers le mécanisme d’exclusion lui-même. Il s’agit de réintroduire l’action collective, l’engagement dans la durée, vers un nouveau projet politique.
- 1997 : « Monde associatif, monde politique : un partenariat difficile ? »
L’action globale, politique, est un objectif de Culture et Développement. Pour agir, il faut comprendre et critiquer. D’où une réflexion sur les liens entre associatif et politique et leur ambiguïté. Si notre association veut à l’avenir développer des partenariats efficaces, elle doit s’atteler entre autre à une meilleure connaissance du politique, et à la création de réseaux pour rendre les rapports de force plus favorables.
- 1998 : « Expériences d’économie sociale et solidaire »
Il s’agit d’une nouvelle ouverture. Culture et Développement adhère alors à la « Charte pour un monde responsable et solidaire », qui remet l’économie au service des besoins de tous et non du profit de certains.

En 2000, c’est l’ouverture à la dimension interculturelle. Et en 2002, une session sur les pédagogies citoyennes en éducation permanente nous conduit à rédiger la charte de Culture et Développement qui nous guide aujourd’hui encore.

- Dès 2002 : « Éducation permanente, notre secteur en questions ! »
Nous entamons une réflexion sur le projet de réforme du décret de 1976 sur l’éducation permanente.
- 2003 : « Altermondialisation, alter éducation permanente ? »
La mondialisation et ses effets pervers nous interpellent, et nous nous sentons partie prenante des mouvements altermondialistes, mais comment aborder ce thème avec nos publics ?

Un nouveau décret qui nous renforce

En 2004 et 2005, nous consacrons notre énergie à établir le dossier de demande de reconnaissance pour le nouveau décret en éducation permanente. Un travail de longue haleine, des locales à la générale, pour définir notre plan d’action 2006-2010. Nous obtenons cette reconnaissance etavec elle, de nouveaux moyens !

En 2005 et 2006, des démarches d’évaluation en éducation permanente pour mieux définir de nouveaux objectifs et approfondir l’impact de nos actions.

Une thématique commune mise à l’honneur chaque année

L’année 2007 a été consacrée à la création de lien social, notre première campagne thématique. Dans ce cadre, deux journées de formation sont organisées : « Le lien social et l’interdépendance » et « Comment revaloriser le lien social ? Découverte d’outils d’éducation permanente ». Mais aussi des actions, et la production de nouveaux supports pour une meilleure visibilité (site Internet, cartes postales,…). Cette année voit aussi de nombreux changements dans le réseau : le départ de l’association La Glaise (Marchienne au Pont), ainsi que l’arrivée de deux nouveaux groupes, le Centre liégeois du Beau-Mur et le GBEN.

En 2008, notre travail se focalise autour des thémes de la santé responsable, la consommation saine et le développement durable. Un CD de chansons issues d’ateliers de création, des visites et échanges d’expériences et de savoirs dans nos régions, une journée de formation : " Développement durable, décroissance, une autre croissance : comment sortir d’une logique de surconsommation pour créer une société plus durable ? "... Nous approfondissons ensemble notre réflexion afin d’agir plus efficacement dans ce sens.